Je vous raconte mon accouchement

Avant de commencer ce récit, j’aimerais écrire quelques mots pour les futures mamans qui pourraient tomber sur cet article.

Chaque accouchement est unique. Certains sont rapides, d’autres très longs, certains très simples, d’autres beaucoup plus médicalisés. Mon expérience ne représente en rien une norme ou un modèle. Je la partage simplement parce que c’est mon histoire, avec ses moments difficiles mais aussi toute la beauté de cette rencontre.

Si vous êtes enceinte en lisant ces lignes, gardez en tête que beaucoup d’accouchements se déroulent de manière bien plus simple. Le plus important reste la naissance de votre bébé et la manière dont vous serez accompagnée pour y parvenir.

Un déclenchement inattendu

Mon accouchement a commencé d’une façon que je n’avais pas imaginée. En fin de grossesse, j’ai développé une pré-éclampsie, une complication liée à une tension artérielle très élevée. Pour éviter tout risque pour moi et pour mon bébé, les médecins ont décidé de déclencher l’accouchement.

Nous étions le 2 janvier, à 37 semaines d’aménorrhée, soit presque un mois avant le terme prévu.

Le déclenchement a débuté avec la pose d’un tampon Propess destiné à préparer le col de l’utérus. J’imaginais naïvement que les choses pourraient ensuite s’enchaîner assez rapidement, mais la réalité a été tout autre.

Le travail a été très long. Après le Propess, les médecins ont utilisé de l’ocytocine pour stimuler les contractions, et les heures ont commencé à s’étirer.

Des contractions très intenses

Les contractions étaient particulièrement douloureuses. Normal, vous allez me dire… Mais à cause de ma tension très élevée, j’étais surveillée en permanence : Monitoring, perfusions, capteurs… j’étais reliée à plusieurs appareils, ce qui rendait les mouvements (qui auraient potentiellement pu me soulager)  difficiles.

Impossible de vraiment marcher ou changer de position librement pour essayer de soulager la douleur. Et comme une grande partie du travail s’est déroulée pendant la nuit, la fatigue s’ajoutait à l’intensité des contractions.

La péridurale est souvent un moment qui inquiète, mais paradoxalement ce n’est pas ce qui m’a posé problème. La pose en elle-même ne m’a pas fait mal. En revanche, elle ne fonctionnait pas correctement.

Au total, il a fallu me poser quatre péridurales. À chaque fois, les sages-femmes vérifiaient son efficacité avec le fameux test du glaçon. Ce qui est devenu le plus pénible au fil des heures n’était pas l’aiguille, mais les grands pansements collés dans le dos, retirés puis replacés à répétition. À force, ma peau me brûlait littéralement.

La naissance de notre fille

Le travail a finalement duré bien plus longtemps que je ne l’avais imaginé. Après le déclenchement commencé le 2 janvier vers midi, les heures se sont enchaînées lentement, entre contractions, examens et surveillance médicale constante.

Ce n’est que le 3 janvier vers cinq heures du matin que j’ai finalement perdu les eaux. À ce moment-là, je me suis dit que les choses allaient peut-être enfin s’accélérer. Mais la réalité a été un peu différente. Le travail continuait d’avancer, lentement, et la fatigue commençait sérieusement à se faire sentir après toutes ces heures déjà passées en salle de naissance.

Les contractions s’intensifiaient, les heures défilaient, et il fallait simplement continuer, une contraction après l’autre.

Quand le moment de pousser est finalement arrivé, dans la nuit du 4 janvier, j’ai essayé de rassembler tout ce qu’il me restait d’énergie. Pendant environ trente minutes, j’ai poussé de toutes mes forces.

Malgré tous mes efforts, cela ne suffisait pas. Le médecin a alors décidé d’intervenir avec une ventouse obstétricale pour aider ma fille à naître.

À 2 h 06 du matin, notre fille est finalement arrivée.

Un tsunami de bonheur et d’amour

Et puis soudain, tout s’est arrêté autour de moi. On me l’a posée immédiatement sur le ventre, encore toute chaude, toute fragile, et à cet instant précis tout le reste a disparu. La fatigue, la douleur, les heures interminables… plus rien n’existait. Il n’y avait plus qu’elle.

Je l’ai aimée immédiatement. D’un amour que je n’avais jamais ressenti auparavant, un amour immense, presque impossible à décrire. Un amour qui remplit le cœur d’un seul coup, comme un tsunami de bonheur qui submerge tout.

Avec son papa, nous avons tout de suite commencé à lui parler. Nous voulions l’accueillir comme il se doit, lui dire qu’on l’aimait déjà, qu’elle était parfaite, qu’on était tellement heureux qu’elle soit enfin là. Nous l’avons couverte de mots doux, comme pour lui transmettre toute la joie qui nous envahissait à cet instant.

Elle a mis quelques secondes avant de pousser son premier cri, mais pour nous elle était déjà absolument magnifique. Notre fille. Notre bébé. Et dans ce moment suspendu, nous étions simplement là, tous les trois, en train de nous découvrir.

 

Comme beaucoup de bébés après un accouchement long et intense, elle a eu un peu de mal à trouver son souffle. L’équipe médicale l’a ensuite rapidement aspirée puis ventilée. Ces moments paraissent toujours un peu suspendus, mais heureusement tout est rentré dans l’ordre très vite.

Sa petite tête était déformée à cause de la ventouse (ce qui est assez fréquent dans ce type de naissance) mais cela s’est résorbé progressivement dans les jours qui ont suivi.

Un moment particulièrement difficile

Le moment le plus difficile de tout cet accouchement n’a pourtant pas été la naissance elle-même.

Ce que je n’avais absolument pas anticipé, c’est la délivrance du placenta. Dans mon cas, elle a dû être faite manuellement par le médecin. Cela s’est passé de manière très physique, très rapide, et c’est probablement ce qui m’a le plus choquée sur le moment.

Peu après, j’ai fait une hémorragie de la délivrance et j’ai perdu environ 1,2 litre de sang, ce qui m’a provoqué une forte anémie.

Malgré tout, j’ai eu très peu de séquelles physiques liées à l’accouchement lui-même : seulement une petite déchirure qui a nécessité un seul point de suture.

J’ai immédiatement reçu une perfusion de fer pour aider mon corps à récupérer.

Les jours qui ont suivi à l’hôpital

Les jours qui ont suivi ont été marqués par une surveillance médicale très rapprochée. Pendant neuf jours, nous avons été suivies jour et nuit.

De mon côté, de nombreuses prises de sang ont été réalisées pour surveiller mon anémie, et ma tension était contrôlée très régulièrement afin de trouver le traitement le plus adapté. J’ai aussi reçu une transfusion de 1 litre de sang, puis une seconde perfusion de fer (à ma sortie).

De son côté, notre petite fille était très surveillée au niveau de la prise des biberons et de son poids. Elle buvait très peu et s’endormait constamment pendant ses biberons. Nous avons tout essayé : changer de position, la stimuler, varier les tétines… mais rien ne semblait vraiment fonctionner.

Nous passions nos journées et nos nuits à essayer de la nourrir, souvent avec un sentiment d’impuissance.

Le retour à la maison

Au bout de neuf jours à l’hôpital, nous étions épuisés. Notre fille n’avait toujours pas repris son poids de naissance, mais les sages-femmes faisaient finalement les mêmes constatations que nous.

Nous avons fini par comprendre que ce n’était pas une question de méthode, mais simplement son rythme. Nous avons donc demandé à rentrer à la maison.

Avec le recul, c’était la bonne décision. Une fois de retour chez nous, les choses se sont progressivement mises en place. Aujourd’hui, tout va très bien. Notre fille mange parfaitement bien et grandit normalement. Elle avait simplement besoin de temps pour trouver son propre rythme.

Avec le recul

Malgré tout ce que cet accouchement a comporté d’imprévu et de moments difficiles, je garde surtout une immense reconnaissance envers le personnel soignant qui nous a accompagnés.

Nous avons été entourés avec beaucoup d’attention, de sérieux et de bienveillance. Plusieurs spécialistes ont examiné notre fille pour s’assurer que tout allait bien, et j’ai moi-même été suivie de près pour ma récupération.

Avec le recul, cet accouchement restera un moment intense, parfois chaotique, mais profondément marquant. Parce qu’au bout de tout cela, il y a eu cette rencontre.

Celle avec ma fille.

Et rien ne pourra jamais effacer ce moment-là.

Si vous avez vécu un accouchement très différent de ce que vous aviez imaginé,
comment l’avez-vous ressenti avec le recul ?

 

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